Il y a une semaine de cela, j'ai commencé à travailler au Carrefour de Segny.
Vendredi d'il y a deux semaines, j'étais aller voir mon patron pour un entretien
d'embauche. Il m'a demandé de me présenter. Je lui est fait par de mes compétences.
Très vite, il m'a arrêté. Il m'a dit qu'il en avait rien à faire. Il m'a tout de suite demandé
si j'étais le genre de personne qui était prête à être au boulot à 5 heure du matin, à apprendre
le métier... Etant très surpris et faisant appel à mon désir de travail, je lui répondis que Oui!
A ce moment précis, il souria et me dit: -Très bien, parfait!
Après une semaine de travail, en quoi consiste mon travail?
Et bien, j'ai commencé à apprendre un métier. Je suis, à l'heure d'aujourd'hui, équipier de vente.
Un équipier de vente est celui qui fait la mise en rayon des articles vendu dans un magasin.
Je suis chargé des yaourts avec un une autre personne. Comment allais-je imaginer, l'espace
d'une seule seconde, que j'allais me réveiller tout les jours entre 4h30 et 5h10 pour aller travailler
en vélo depuis prévessin jusqu'à Segny en vélo et très souvent sans même avoir l'appétit
de prendre mon petit déjeuner? Et bien c'est ce que le contrat que j'ai signé mardi passé
a stipulé durant une période comprise entre un mois et un mois et demi.
Donc la mise en rayon commence à 5h tout les jours. Ma mission consiste à mettre sur les étagères
les nouveaux yaourts commandés ainsi que ceux qui n'ont pu être disposés les jours antérieurs.
Ces yaourts sont disposés sur des palettes empilées sur eux. Arrive le dépotage; déballer tout
les produits à coté de leur place dans le rayon sans disposer les yaourts à leur emplacement.
Une fois la palette complêtement déballée, on peut passer à la mise en rayon des produits.
Cette tâche consiste à remplir le rayon en insérant les yahourts plus frais à l'arrière de l'étagère
pour laisser les moins frais devant. Logique, n'est-ce pas? Une fois tout le travail finit, c'est-à-dire
à 10h30 passée, arrive le "facing". Le facing consiste à avancer les produits au plus prêt de l'extrêmité
des étagères. Les yahourts en trop sont remis dans de grands frigos à l'arrière du magasin pour
être dépoter le lendemain ou le surlendemain. Ceuix qui dépassent la date de péremption ou s'en
approche de trop ( 7 jours de plus à partir du jour même d'installation) sont mis à part et sont soit
soldés, soit jetés.
Ceci est mon travail de tout les jours.
Maintenant, je vais énumérer ce que je crois avoir appris depuis cette semaine et comment
je me sens après cette période de travail.
-J'ai appris que gagner de l'argent n'était pas si simple que cela. En effet, chaque centime gagné
à la fin du mois, sera le miens et je les aurais mérité au compte goutes!
-J'ai appris ce que c'était que la pénibilité de la vie active. Se lever tôt, travailler avec un patron sur
le dos qui me met la pression pour que j'aille plus vite, que je mette les yahourts mieux dans le rayon,
qu'il me crie deçu parce que je comprend pas ce qu'il me dit ou parce que j'éprouve de la réticence
par rapport à certaines tâches qu'il me demande d'effectuer ou des heures supplémentaires quand
je suis complêtement K.O. Donc, en partie, à me soumettre à une autorité externe à celle de la familiale
et à la scolaire (parce que pour l'instant, je n'ai eu affaire qu'à ce genre d'autorité).
-J'ai également appris à dépasser ma fatigue, la douleur que j'épprouvais quand j'avais les jambes
engourdies et qui me restait 3 heures de travail encore. ^
Mais l'enseignement que je retiens, fondamentalement est que:
-J'ai appris à positiver dans ma douleur. Je me suis réfugié dans le bénéfice que j'allais tirer de
ce travail laissant de coté l'aspect moins agréable de cette routine qui bouffe la passivité et le calme
de vacances bien méritées. Je me dis qu'au lieu de rien faire chez moi le matin, je travaille, apprend
un métier, gagne en expérience, fais des rencontres très intéressantes, gagne de l'argent et me
responsabilise davantage sur mes dépenses personnelles et sur le regard que je porte sur la grande
distribution.